Pitch & Scénario de bande dessinée pour les Forts de l’Esseillon

Pitch

Florian et Caro­line, deux jeunes béné­voles du chan­tier de restau­ra­tion de l’Esseillon, découvrent une carte semblant indi­quer des passages secrets dans les forts. Y aurait-il un trésor à l’Esseillon ? Aidés de Philémon, l’historien, et surveillés par Giovanni, le chef de chan­tier, ils partent à la recherche de ces passages.

Scénario sous forme de récit

Florian est un adoles­cent de 16–17 ans venu aux forts de l’Esseillon travailler comme béné­vole dans une asso­cia­tion qui restaure les monu­ments anciens.

Il est malheu­reu­se­ment affligé d’un vertige presque maladif : il manque de s’évanouir chaque fois qu’il se trouve à proxi­mité du vide, ce qui pose bien évidem­ment des problèmes dans un chan­tier tel que celui de l’Esseillon.

Cette propen­sion au vertige amuse beau­coup ses petits cama­rades de l’association, qui ne perdent pas une occa­sion de se moquer de lui.

Giovanni, un adulte d’une quaran­taine d’années qui encadre ces jeunes, ne fait d’ailleurs rien pour que cessent ces brimades. Il ne se prive pas lui-même de taquiner Florian.

Ces moque­ries insup­portent Caro­line, une jeune fille de l’association (à la diffé­rence des autres volon­taires, c’est une “locale” : elle habite dans le hameau de l’Esseillon) au carac­tère bien trempé. À sa manière ferme et “bourrue”, elle tente d’aider Florian.

Alors que Giovanni fait visiter les forts à un groupe de touristes (cette incise permet d’aborder la résur­rec­tion des forts grâce à l’association Rempart et l’intérêt touris­tique et patri­mo­nial actuel des lieux), Florian et Caro­line partent en vélo. Caro­line invite alors Florian à entrer chez elle. Dans la maison, Florian, s’intéressant à de vieilles photo­gra­phies de famille (la famille de Caro­line habite ici depuis long­temps : l’un de ses aïeuls était même portier de l’Esseillon vers 1890–1900), brise acci­den­tel­le­ment un cadre, à la grande colère de Caro­line. Ils découvrent alors un papier où est crayonné, à demi effacée, une sorte de carte de l’Esseillon.

L’imagination de Florian s’allume aussitôt. Pour lui, pas de doute, c’est une carte au trésor. Un trésor caché dans l’Esseillon. Caro­line, plus terre à terre, accepte malgré ses réti­cences de s’intéresser à la ques­tion.

Durant la nuit, Florian a trouvé le trésor ! Il entraîne Caro­line dans les couloirs de Victor-Emma­nuel jusqu’à une pièce secrète où s’étale un trésor fabu­leux d’or et de pierres précieuses. Caro­line, stupé­faite, ne cache pas son admi­ra­tion pour Florian. Dans la cour du fort, elle lui fait part de ses senti­ments et s’approche de lui pour l’embrasser. Malheu­reu­se­ment, alors que leurs lèvres sont près de s’effleurer, Florian aper­çoit le vide, panique et tombe dans le ravin dans un cri effroyable. C’est alors qu’il se réveille dans le dortoir de l’association au milieu des rires de ces cama­rades, qui se moquent de lui : un cauchemar, à son âge…

Le lende­main, Florian et Caro­line vont voir Giovanni, le chef de chan­tier, afin de lui présenter leur décou­verte, décou­verte qu’il balaie noncha­lam­ment d’un revers de la main avant d’arguer qu’il a mieux à faire.

Dépitée, Caro­line se souvient d’un vieil histo­rien habi­tant le village de Modane : un excen­trique pour qui il existe un souter­rain secret sous l’Esseillon. Elle l’appelle pour le prévenir de leur visite puis ils descendent vers Modane à vélo.

Philémon, le vieil histo­rien, habite une maison un peu déla­brée, devant laquelle stationne une deux-chevaux bleue. La maison est un vrai caphar­naüm, pleine de livres, de piles de papiers, d’images, de tableaux aux murs… Philémon – qui se déplace en fauteuil roulant – est un sympa­thique excen­trique qui accueille chaleu­reu­se­ment les deux jeunes : pour lui, leur décou­verte vient enfin confirmer toute une vie de recherche !

Devant Caro­line qui exprime ses doutes, il se lance alors dans le récit de plusieurs événe­ments histo­riques qui indiquent selon lui l’existence de tunnels secrets à l’Esseillon.

Le premier récit évoque la présence de Cavour à l’Esseillon, lors de l’inauguration des forts par le roi et la reine de Piémont-Sardaigne. Ce premier récit permet d’aborder diffé­rents aspects de la construc­tion des forts : genèse poli­tique, type de forti­fi­ca­tion (Vauban/Montalembert), artillerie, vie quoti­dienne, etc.

Le deuxième récit évoque la figure du lieu­te­nant Delambre, agent de Napo­léon III venu espionner les forts en 1859. Ce récit permet d’aborder le hameau de l’Esseillon et de la vie aux alen­tours immé­diats du fort, le contexte poli­tique des campagnes franco-sardes contre l’Autriche et de la future Annexion de la Savoie à la France, ainsi que le futur “retour­ne­ment” des forts de l’Esseillon.

Le troi­sième récit évoque la période de l’occupation italienne des forts de l’Esseillon et de leur utili­sa­tion comme prison poli­tique. Ce récit aborde briè­ve­ment la vie quoti­dienne des prison­niers et la figure d’un évadé notoire de l’Esseillon : le député-maire de Grenoble, maqui­sard évadé en 1943.

Le quatrième récit (ramassé en quelques cases) évoque la vie de Philémon, quand, jeune histo­rien à la recherche de ses fameuses preuves, il arpen­tait les forts de l’Esseillon dans les années 1960–1970. Ce récit permet d’aborder la période d’abandon des forts, avec notam­ment leur utili­sa­tion comme bergerie…

Si Florian est convaincu par l’argumentaire et les exemples de Philémon, Caro­line, quant à elle, reste scep­tique. Florian et Caro­line décident donc de retourner chez Caro­line afin de trouver de nouveaux indices. Mais, lorsqu’ils entrent dans la maison (on voit Giovanni au loin, qui semble les épier), celle-ci est sens dessus dessous : un cambrio­leur a retourné les tiroirs, renversé les étagères… De toute évidence, ils ne sont pas les seuls sur la piste de ces cartes mysté­rieuses. Dans le grenier, ils finissent par trouver une autre carte, en bon état. Les forts y sont repré­sentés et des croix signalent certains endroits précis.

Après avoir averti Philémon, ils se dirigent vers Charles-Albert alors que la nuit tombe. Ils s’orientent ensuite vers Charles-Félix. Ces forts étant en ruine, leurs recherches s’avèrent infruc­tueuses. Florian ne perd pour­tant pas espoir et profite de l’occasion pour déclarer sa flamme à Caro­line. Il s’approche d’elle, sans doute veut-il l’embrasser… Toute pâle, elle ne bouge pas… C’est qu’une ombre mena­çante est apparue en contre-jour, un homme appa­rem­ment armé d’un fusil dans l’ouverture d’une fenêtre : c’est la peur qui l’avait para­lysée !

Florian et Caro­line, terro­risés, s’enfuient à corps perdu jusqu’à arriver aux pieds de la via ferrata. Poussé par Caro­line, et bien que téta­nisé par son vertige, Florian n’a d’autre choix que de s’engager dans une esca­lade de nuit.

Alors qu’il est parvenu, malgré sa peur et ses trem­ble­ments, à se hisser jusqu’à la voûte à canon qui est le point d’arrivée de la via ferrata, la voix de Caro­line se fait entendre : elle a dérapé et appelle Florian à l’aide. Ce dernier reste quelques secondes pétrifié par le vertige puis, par une périlleuse acro­batie, sauve Caro­line d’une chute mortelle.

Celle-ci, ébranlée par cette péri­pétie, lui avoue ses senti­ments et l’embrasse. Puis les deux jeunes se faufilent dans la case­mate. Ils fuient dans le dédale de Victor-Emma­nuel et s’avisent de regarder la carte. Elle indique un endroit précis, faci­le­ment recon­nais­sable par un petit dessin. Florian et Caro­line se querellent sur la direc­tion à prendre : l’un plaide pour la droite, au premier étage, l’autre pour la gauche, au rez-de-chaussée. Caro­line menace Florian de le laisser là avant que, fina­le­ment, ils se rendent compte qu’ils sont préci­sé­ment au bon endroit : un graf­fiti sur le mur repré­sente le même dessin !

Des outils du chan­tier traînent juste­ment là. Ni une ni deux, ils descellent une pierre et rampent dans l’ouverture ainsi prati­quée dans le mur.

Ils arrivent alors dans une pièce sombre. En face, on devine un couloir qui, peut-être, mène vers ce tunnel secret !

Tout à la joie de leur décou­verte, ils s’étreignent et Caro­line s’excuse pour sa précé­dente colère. Elle s’approche pour embrasser Florian, qui se décom­pose…

C’est que l’homme au fusil s’est lui aussi intro­duit dans la pièce. Et cet homme n’est autre que l’historien lui-même. Les tenant en joue, il daigne leur expli­quer sa manœuvre : il a fait semblant d’être infirme, a déva­lisé en vain la maison de Caro­line pour trouver cette carte, mais, grâce à eux, il va pouvoir être reconnu comme un vrai histo­rien. Victime des raille­ries toute sa vie, on va enfin lui rendre justice : il avait deviné avant tout le monde l’existence du souter­rain de l’Esseillon et va main­te­nant s’approprier leur décou­verte !

Alors qu’il s’apprête à les tuer, il est assommé d’un coup de pelle asséné par-derrière. C’est Giovanni, le chef de chan­tier, qui sauve Florian et Caro­line d’une mort certaine.

Giovanni leur explique alors que cette pièce n’est pas l’entrée d’un quel­conque souter­rain, mais simple­ment la réserve à vin de Victor-Emma­nuel, une pièce connue de tous. Selon lui, la carte qu’ils ont trouvée circu­lait entre les soldats lors des relèves…

Puis il se moque de leur crédu­lité avant de s’exclamer qu’il n’y a qu’un trésor à l’Esseillon : l’Esseillon lui-même !

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