Être ou ne pas être…

Voilà quelques semaines que je travaille à mon projet de pres­ta­taire free­lance en commu­ni­ca­tion édito­riale. J’ai commencé une première mission pour un client, tout en construi­sant mon site Internet, tout en prépa­rant mes supports de commu­ni­ca­tion, tout en élabo­rant une stra­tégie de pros­pec­tion, tout en… la liste est longue mais, heureu­se­ment, enthou­sias­mante.

 

Un problème, néan­moins, sur lequel je bute presque quoti­dien­ne­ment. Problème déri­soire, mais qui me fait l’effet d’un minus­cule caillou dans ma chaus­sure. Je ne sais jamais que répondre à la banale ques­tion : que fais-tu ? que deviens-tu ?

which_stepRéponse évidente : je me lance en free­lance.

C’est le cas, et ce sont les bons mots : c’est un saut, c’est une projec­tion, ce n’est pas un simple chan­ge­ment de statut ou de grade. L’effet est vrai­ment le même que de se lancer dans le vide, et de postuler qu’en agitant suffi­sam­ment ses bras, on arri­vera à voler. Je gage que j’y parvien­drai.

Mais « je me lance en free­lance », c’est moche, ça sonne mal, on croi­rait un trompe-oreilles ou un bégaie­ment. Alors j’ai cherché autre chose. Sans succès :

- Je deviens free­lance. Trop mou, sonne comme une évolu­tion natu­relle, celle qui mène géné­ti­que­ment, sans qu’il demande rien, le têtard à devenir grenouille, la graine à devenir plante.

- Je me prépare à devenir free­lance. Encore pire. Ça sent le type qui marche à recu­lons… Pour­quoi pas, à tout prendre : je me prépare à plani­fier ulté­rieu­re­ment les étapes qui me mène­ront à devenir free­lance…

- Je m’installe en free­lance / je m’établis en free­lance. De pire en pire. On visua­lise tout de suite l’installation : s’asseoir derrière un bureau, dans un fauteuil confor­table, pour faire une sieste.

 

L’expression clé, c’est se lancer. Là est le sens que je cherche. Un coup d’œil sur un diction­naire de syno­nymes et l’on a tôt fait de se hasarder en free­lance, puis de se jeter en free­lance, de se préci­piter en free­lance. Encore un effort et l’on trébu­chera en free­lance, on s’affalera en free­lance. Mauvaise piste.

D’autres formules, qui sont autant d’inconvénients :

- Je me mets en free­lance. Vrai­ment disgra­cieux.

- Je débute en free­lance. Certes, mais je ne suis pas débu­tant, dans l’absolu.

- Je me fais free­lance. Qui se fait est un faiseur. Donc, non.

 

D’ici quelques semaines, cet épineux problème se réglera tout seul, avec mon enre­gis­tre­ment offi­ciel. Alors, vive­ment ce jour où je pourrai dire, offi­ciel­le­ment, réel­le­ment : je suis free­lance !

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