À quoi sert un éditeur (délégué ou non) ?

Mais qu’est-ce que vous faites, finalement,
si vous n’écrivez pas les textes et si vous n’imprimez pas les livres ?

 

La question est légitime. En tout cas, elle est fréquente – pour ne pas dire quotidienne. Le travail de l’éditeur est, par excellence, un travail invisible. Saisissez un livre : voici du texte ! Et l’on voit l’auteur. Voici le papier, voici l’encre et la reliure ! Et l’on voit l’imprimeur.

Mais l’éditeur ? Qu’a-t-il fait ?

Travail invisible, disais-je. J’ajouterais même : s’il est bien fait, le travail de l’éditeur se doit d’être invisible. La plus-value qu’il a apportée à l’élaboration de l’ouvrage est discrète, modeste dans ses manifestations. Elle ne vise qu’à désigner le contenu, qu’à mettre en lumière les richesses de détail de ce contenu, qu’à multiplier les voies d’accès et de compréhension de ce contenu. Jamais à se mettre en avant.

L’éditeur ne se décèle que par ses défaillances : une coquille, une maquette déplaisante, une mise en pages inconfortable à la lecture… Ce n’est qu’à ses faux pas que l’éditeur se dévoile, qu’à la fausse note qu’on détecte sa musique.

Majordome zélé que l’on ne remarque jamais et qui a déjà rempli devant vous le verre que vous n’avez pas encore commandé, il est avant tout un serviteur : au service de l’auteur, de son contenu intellectuel et de son lecteur.

 

Il trouve sa récompense dans la reconnaissance de l’auteur qui, pour avoir vu son manuscrit s’enrichir, se diversifier, se consolider et prendre un relief que lui-même ne soupçonnait pas, est conscient de l’ampleur et de la technicité de l’intervention éditoriale.

À quoi sert un éditeur ? Finalement, ce n’est pas à lui qu’il faut poser la question, mais à l’auteur…

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